JR a transformé le plus vieux pont de Paris en caverne. Une grotte de toile tendue au-dessus de la Seine, une allégorie de Platon à ciel ouvert. Chez Platon, des hommes enchaînés dans une caverne prennent les ombres projetées sur le mur pour la réalité. JR reprend ce récit : nos ombres d’aujourd’hui, dit-il, ce sont nos écrans, nos algorithmes, chacun enfermé dans sa propre version du monde. On entre dans l’œuvre par l’ombre, on la traverse, puis on ressort vers la lumière. Une question demeure : croit-on ce que l’on voit, ou voit-on ce que l’on est prêt à croire ?

La capsule, c’est ce que l’on emporte de l’autre côté du pont. Une manière de conserver un fragment de cette traversée.
La roche devient textile, l’expérience devient vêtement : minérale mais portée, monumentale mais quotidienne.
JR rendra le pont à Paris au bout de trois semaines. Ce que la capsule préserve, c’est une trace discrète, portable, intime.

Ce que l’on a vu, on le porte.